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.Remerciements :

  • à Anne Moneyron et Hervé Prévost (*) qui m'ont associé à la préparation du symposium,
  • aux organisateurs du colloque pour l'accueil et l'organisation.

Eric PREVOST

normandiepyrenees2015@orange.fr

Samedi 17 juin 2017 / SYMPOSIUM SALLE > S 206

" Re-commencements : marche et éco- bio-graphie "

Coordinateur : Hervé Prévost 

Contributeurs : Anne Moneyron, Éric Prévost, Hervé Prévost

Argumentaire du symposium

Voyager, c’est rencontrer son existence dans la mise en mouvement des rythmes internes et des rythmes externes où les résonances se font entre soi et le monde. Dans sa lenteur et sa présence la marche est une réappropriation de l’espace et du temps. Au rythme du pas, au rythme du corps se tisse notre être. Reprenant de l’espace tout en se diluant au contact du monde, notre dimension existentielle se dilate, les frontières du soi se redessinent avec la ligne d’horizon. Quelle écoformation se met ainsi en mouvement à l’intérieur de soi ?

...  La marche sur le chemin et le cheminement de la pensée éclairent le cours de la vie, transforment le journal de voyage en une histoire de vie formatrice. Recompositions, transformations, en émergent : une éco-biographie s’écrit par notre corps en voyage.

L'intégralité du texte ci-dessous

Contribution Anne MONEYRON, (miguasha@wanadoo.fr)

.Transhumer : rythmes et éco-bio-graphie – Écrire le voyage.

Résumé :

Voyager, c'est parcourir le chemin. Bergère de formation, nomade par art de vie, les espaces, les limites sont des passages à vide, à vivre, à dépasser. Le voyage, par mouvements successifs, compose, décompose et recompose ma vie en formation. Simultanément le voyage je l’écris : « voie et âge », où il s’agit d’ouvrir son propre chemin ; puis « vois et âge », quand il nous invite à observer le monde ; et enfin « voix et âge », pour dire et écouter les expériences du monde, de soi, de l’Autre. Par le feu et le vent, il porte la traversée des âges en laissant ses traces sur le corps. Quand il ne se contente pas d’être un simple déplacement, il amplifie les sensations des rythmes biologiques permanents et discontinus. Circulant entre le proche-dedans et le lointain-dehors, sa marque se dépose sur la terre et s’imprègne de l’eau, du vent et se trans-forme par le feu.

Écrire le voyage, c’est découvrir le chemin. C’est trans-former le souffle des limites du dicible d’un cheminement à découvert. La maladie concentre et explore des instants de grandes ruptures temporelles et corporelles, sa nosographie est un monde étriqué, une mise en pièce, une passe étroite, un arrêt. Pour vivre et non sur-vivre, je devais non pas lutter, me battre, mais dans la confusion de ce voyage inopiné, redécouvrir les lignes de ma trace, ré-accorder ces instants avec le rythme planétaire qui a toujours été le mien : besoin d’air et de vents, besoin de migrer, sortir de soi, trouver d’autres sources de vie, se relier à d’autres réels : besoin de transhumer à travers mes âges.

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Contribution Éric PRÉVOST, (normandiepyrenees2015@orange.fr)

.Chemin de retraite avec Hector – Une écoformation par le voyage.

Résumé :

Syndicaliste Cgt, permanent, les dernières années d'activité, en responsabilité, ne m'ont guère permis de randonner. Un des loisirs qui me permet de déconnecter. Cette envie de randonner a mûri pendant les deux dernières années d'activité.

Partir en retraite, me retirer, revenir sur mon parcours de vie, mes racines, des lieux de vie, revoir la famille, les amis, notamment ceux que je n'avais pas vu depuis longtemps, en marchant. Voilà le projet construit et réalisé en 2015 : marcher 1.200 kms et 102 jours entre la Normandie et les Pyrénées avec Hector, un âne.

Ce projet personnel aura mobilisé la famille, les amis, des enfants handicapés, les enseignants et les élèves d'une école, un Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes, les animateurs et les enfants d'un centre de loisirs, la presse, des inconnus rencontrés par hasard. Il aura fait rêver des centaines de personnes lors de rencontres et au travers du site internet.

Trois mois, avec pour objectif quotidien, trouver de l'herbe et de l'eau pour mon compagnon de route, en progressant au pas de l'âne vers les Pyrénées. Trois mois d'activité et même de rééducation physique ! Trois mois sans lire les courriels, sans écouter radio et télévision, sans lire la presse. Trois mois de repos de l'esprit !

Ce voyage a permis de belles rencontres, des accueils improvisés, d'autres organisés, avec des gens très différents, de tous métiers, de toutes conditions sociales. Beaucoup de ces rencontres ont été réalisées grâce à l'âne médiateur. Elles ont généré des questionnements, des échanges, sur le sens du voyage, ma personnalité. Des contacts perdurent. J'ai eu l'occasion de présenter des images de cette odyssée. Certains m'encouragent à écrire un livre.

Si la pratique de la randonnée était pour moi un loisir et une façon de se déconnecter du rythme de la vie active, ce voyage au pas de l'âne fut une transition pour une «Vie Nouvelle» de retraité.

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Contribution Hervé PRÉVOST, (prevost.cours@gmail.com)

À la recherche de nouveaux commencements, Entre voyages et cheminement 

Résumé 

Aujourd’hui en pré-retraite, après une rupture conventionnelle, je chemine inexorablement vers la retraite. Mais, partir, quitter le monde du travail ne va pas de soi. D’un univers encadré, de relations professionnelles administrées, d’un engagement personnel dans le travail, il s’agit maintenant d’aborder un nouveau monde et d’y trouver sa place. Dégagé des obligations salariales et des contingences matérielles, l’existence s’ouvre devant l’abîme des possibles.

Décider de partir engage vers un ailleurs méconnu et pourtant attendu. Laisser derrière l’environnement sécurisé, mettre entre parenthèse le confort du connu, chercher et adopter une nouvelle manière de vivre, voilà ce vers quoi je chemine. Randonneur dans l’âme, il me fallait « faire » le GR 20 pour engager ma transition existentielle. Ce moment de vie, d’expérience personnelle, procède d’une double dynamique : de contact direct avec le terrain, le corps, les pensées et d’une désynchronisation sociale appelant de nouveaux rythmes personnels et vitaux.

Le journal de voyage marque les étapes du déplacement entrepris. Il pointe au jour le jour ce qui impressionne, ce qui nous étonne et probablement ce qui nous transforme. Mais plus encore après la fin du parcours, il y a le retour pour nous retrouver. Après le temps du déplacement, il y a un temps d’arrêt, avant de penser repartir. De ce retour du voyage, mais aussi du retour sur les expériences du cours de la vie se trace un nouveau chemin. L’écriture autobiographique, les échanges avec ses proches et d’autres encore, la relecture du récit, sont autant d’opérations participant à la mise ensemble, par composition, et à la mise en sens, par reconnaissance interpersonnalisée. Entre voyages et cheminement, l’histoire de vie en formation favorise ces nouvelles configurations de l’existence.

L’expérience du déplacement permet de regarder le chemin parcouru. Il autorise le Sujet à exprimer son expérience et facilite les recompositions existentielles toujours plus opérantes. Laisser advenir l’inattendu, écrire sa vie, cheminer vers soi et les autres, participent alors d’un mouvement formateur de l’existence. La marche sur le chemin et le cheminement de la pensée, éclairés par le cours de la vie, transforme le journal de voyage en une histoire de vie formatrice.

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Anne Moneyron, Docteur en sciences de l'éducation

Membre de l''ASIHVIF (**)

Publications :

  • Temps de vie et transhumance, Carnets de voyage d'une Amazone 2004-2011 - L'Harmattan
  • La méthode Jean Moneyron, Une gestuelle thérapeutique de la forme - L'Harmattan
  • Transhumance et Eco-Savoir, Reconnaissance des alternances écoformatrices - L'Harmattan

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Hervé Prévost, Docteur en sciences de l’éducation

Associé à l’université François Rabelais de Tours

Membre de l’ASIHVIF (**)

Publications :

  • Autonomie et formation au cours de la vie – Chronique Sociale
  • Commencer à gagner sa vie sans la perdre ; Recherche sur le premier cours de la vie professionnelle – L’Harmattan
  • Être formateur aujourd’hui – Editions Raison et passions

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(**) Anne Moneyron et Hervé Prévost sont membres de

association internationale

des histoires de vie en formation

et de recherche biographique en éducation

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